couverture

Naissance d'un syndicalisme étudiant : 1946, la charte de Grenoble

Morder, Robi

  • Éditeur : Syllepse
  • Collection : Germe
  • ISBN 9782849501009
  • Paru le 4 mai 2006
  • 49,50 $ *

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Résumé

L'histoire de la charte de Grenoble, référence majeure de millions de jeunes passés par le syndicalisme étudiant, à partir des contributions de chercheurs et d'acteurs de l'époque. Cet ouvrage montre comment après la Libération une génération d'étudiants résistants investit la "vieille maison" d'une mission syndicale, et comment les générations suivantes suivent son exemple.

Quatrième de couverture

Les étudiants : ils sont à peine 100000 à la Libération. Aujourd'hui le chiffre de deux millions est bien dépassé.. S'opposant au «contrat première embauche», ils revendiquent le droit au travail, la défense du Code du travail et donnent corps à une «prophétie» vieille de soixante ans que leurs aînés, issus de la Résistance, avaient inscrite dans la charte de Grenoble, adoptée en 1946 par l'UNEF : «L'étudiant est un jeune travailleur intellectuel.». Ce qui n'était que proclamation en 1946, et même encore en 1968, est devenu une réalité sociologique. C'est elle qui explique l'unité de front entre syndicalisme salarié et mouvements de jeunes sur tout ce qui touche au contrat de travail et aux qualifications. McDo, Virgin, Pizza Hut : salariés-étudiants ou étudiants-salariés ? C'est désormais vécu comme un même combat.. Les étudiants ont marqué à plusieurs reprises la vie politique de la France. Au-delà de ces mobilisations ponctuelles, ils se sont organisés en acteur collectif, en «mouvements», dans de nombreuses sphères qui parfois s'entremêlent : syndicale, associative, politique, confessionnelle, mutualiste, culturelle, sportive.. Quant aux moyens d'action adoptés en 1946, ils semblent appliqués à la lettre : «Pétitions et lettres ouvertes, manifestations d'ensemble, monômes revendicateurs», rien que du très classique répertoire d'action syndical. Mais aussi, «grèves d'abstention, grèves d'occupation, monômes dévastateurs» en cas de «violation très grave de la déclaration des droits et devoirs de l'étudiant», la «reconnaissance de la gravité de cette violation par l'ensemble des étudiants et des travailleurs» et la «certitude d'avoir l'assentiment populaire». Le CPE est bel et bien une atteinte grave et les sondages, comme les manifestations et les grèves révèlent «l'assentiment populaire». Ainsi les questions posées en 1946 demeurent d'actualité..