Le poststructuralisme aujourd’hui – Upop Montréal H2019

Ce cours vise à donner une vue d’ensemble du post structuralisme, de ses origines à ses évolutions contemporaines. Il abordera ainsi la déconstruction de Derrida, la pensée de Deleuze, celle de Foucault, le féminisme de Judith Butler et le postmatérialisme qui puise ses racines dans le poststructuralisme. Le cours tentera de comprendre en quoi le poststructuralisme permet de saisir les sociétés contemporaines et sa richesse pour penser les résistances actuelles au capitalisme néolibéral. Le cours vise à fournir du contenu historique et théorique sur le poststructuralisme, mais aussi des outils pour l’utiliser dans le renouvèlement de la pensée contemporaine. Il mettra un accent particulier sur les approches féministes du poststructuralisme.

(Source : UPop)


1. La nébuleuse poststructuraliste : pour tenter d’y voir plus clair

Le mercredi 13 mars à 19h (événement Facebook)
Ce cours introductif vise à présenter les grandes lignes de la pensée poststructuraliste, non pas tant pour cerner ce courant proprement insaisissable, mais plutôt pour tenter de mieux comprendre la mouvance que nomme ce terme, les modes de pensée et les rapports au monde qu’il désigne. Afin d’éviter autant que possible les généralisations et les synthèses qui drapent si mal ce courant diversifié, épars même, le cours sera mobilisé par l’attention à une problématique située : celle des rapports entre art et politique, et plus particulièrement l’esthétique des performances collectives. Il s’agira dans un premier temps d’esquisser une brève description du structuralisme afin de mieux comprendre l’émergence de ce « post » retentissant dans l’Europe des années 1960 – 1970, en lien notamment avec ces « nouveaux » mouvements sociaux qui marquèrent à plusieurs égards un changement de paradigme dans la forme même des luttes. La seconde partie visera à présenter de manière sommaire quelques bases communes à certain.e.s penseur.e.s associé.e.s à ce courant (Foucault, Deleuze et Guattari, Derrida, Braidotti, etc.), notamment en effectuant un retour aux « sources » torrentielles que furent Nietzsche et Bergson. Finalement, la troisième partie sera l’occasion de plonger dans les enjeux posés par le rapport entre esthétique et politique pour mieux comprendre la pertinence de ce courant dans l’analyse des performances collectives.

Cours offert par Hubert Gendron-Blais


2. Derrida : tout le monde en parle, pourquoi pas moi ?

Le mercredi 20 mars à 19h (événement Facebook)
La présentation sera structurée en trois parties (qui déploieront les trois objectifs). La première partie restituera les intuitions de base du structuralisme, en particulier le caractère différentiel de la langue et cherchera à montrer comment cette intuition est fondamentale pour le projet de la déconstruction. Je mettrai en évidence deux dimensions corrélatives au caractère différentiel de la langue : une dimension oppositionnelle (le sens des mots se détermine par contraste) et une dimension hiérarchisante (tout discours s’organise autour d’un réseau d’oppositions linguistiques ; cette mise en réseau crée des chaînes de valorisation/dévalorisation implicites qui semblent naturelles). Je travaillerai à partir de quelques exemples tirés chez Derrida pour illustrer mon propos.

Cours offert par Maxime Plante


3. What the Foucault ?

Le mercredi 27 mars à 19h (événement Facebook)
Alors que le structuralisme des années 1960 est en plein essor et s’impose dans des cercles intellectuels influents, de la psychanalyse à la sociologie, en passant par l’ethnographie, la philosophie et la linguistique, Michel Foucault propose une lecture nouvelle de la société contemporaine. Puisant non pas dans les « sciences naturelles » des postulats aux prétentions universelles, mais s’inspirant plutôt de la conception spinoziste et nietzschéenne des rapports au monde, il pose certaines bases de ce que deviendra le « poststructuralisme ». En étudiant les rapports sous les angles du savoir, du pouvoir et de l’éthique, tout en développant une méthodologie généalogique, archéologique et l’étude des stratégies, Foucault propose un cadre théorique poststructuraliste pour comprendre le monde actuel et, plus particulièrement, les formes de résistance qui s’y manifestent.

Cours offert par Maude Bonenfant


4. Deleuze : Langue, pouvoir, magie

Le mercredi 3 avril à 19h (événement Facebook)
Nous verrons dans cette présentation comment le travail de philosophie de Gilles Deleuze s’inscrit dans le « poststructuralisme », en abordant la question du lien. Nous procéderons à partir d’une série de réflexions sur le rôle de l’imaginaire littéraire dans l’élaboration de plusieurs de ses concepts clefs. Nous développerons certains de ces concepts, dont les plus célèbres, ceux de devenir et de rhizome. Nous en viendrons aussi à distinguer deux axes de pensée, l’immanence et la transcendance, pour penser un troisième terme, hors binarisme. Cela nous mènera aussi sur le terrain de la magie, dont on parle abondamment aujourd’hui, particulièrement par la mise à la mode, et par l’emploi comme machine de guerre, de la figure de la sorcière.

Cours offert par Patrick Poulin


5. Précaire est le corps selon Judith Butler

Le mercredi 10 avril à 19h (événement Facebook)
La philosophe américaine Judith Butler est surtout connue pour ses travaux sur le genre, le sexe et la sexualité dans lesquels elle s’interroge quant à la possibilité pour un sujet de contester et de subvertir les normes en place. Elle a récemment prolongé cette analyse des mécanismes d’exclusion en se demandant quels sont les fondements éthiques qui permettent que nous restions aveugles et sourds face à la souffrance d’autrui. Par-là même cette réflexion ouvre la voie à une politique des corps précaires qui revendiquent le droit d’apparaître dans l’espace public et de vivre une vie digne d’être vécue.

Cours offert par Sklaerenn Le Gallo et Lisiane Lomazzi


6. Sciences et post-matérialisme féministe ? C’est possible !

Le mercredi 17 avril à 19h (événement Facebook)
Dans les années 80 et 90, des scientifiques féministes ont commencé à s’inquiéter du tournant « discursif » pris par les sciences sociales, lesquelles semblaient de ce fait abandonner la possibilité de « faire » de la science, d’acquérir des connaissances sur la nature, la matière, le « réel », tout en laissant les « sciences dures » continuer d’opérer de leur positivisme et réalisme « naïf ». À la fois critiques du réalisme dit « naïf », soit des approches positivistes de la science, et des tenants du constructivisme social, des scientifiques féministes comme Donna Haraway et Karen Barad démontrent qu’il demeure possible de développer des connaissances sur la matière, sur le monde, que tout n’est pas « médié par la culture », mais que c’est plutôt l’idée de la possibilité de représentation qui constitue le cœur des problèmes tant de la science que des sciences sociales. Non seulement, pour ces scientifiques, il n’y a pas de possibilité de représentation, pure et se tenant à distance de l’objet d’étude ; en fait, n’importe quel segment de l’entreprise du savoir, théorie comme pratique, nécessite une intervention dans le réel, soit une participation à la manière dont les « choses » (le monde, la nature, le réel) s’articulent dans le monde, s’y « matérialisent ». Leurs travaux nous dévoilent une « nature », une matière, qui n’est jamais fixée d’avance, déterminée ou inscrite sur une trajectoire unique du devenir, de matérialisation, mais plutôt des processus complexes, interreliés et dynamiques à partir desquels de la matière se détermine et vient à exister réellement.

Cours offert par Émilie Dionne


7. Les structures ne descendent pas dans la rue – Table ronde

Le mercredi 24 avril à 19h (événement Facebook)
Les professeures et professeurs du cours seront présents afin de faire une synthèse de ce qui aura été dit tout au long du cours et aborder plus particulièrement la manière dont on peut se servir de la pensée poststructuraliste aujourd’hui.